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Génie civil immergé et réparation d'ouvrages sous l'eau

Construire et réparer sous l'eau, sans mise à sec

Le génie civil immergé consiste à construire, réparer ou conforter des ouvrages directement sous l'eau — quais, digues, écluses, piles de pont, ducs-d'Albe, prises d'eau, émissaires — sans construire de batardeau ni assécher l'ouvrage. SEMTEC, société de travaux subaquatiques et hyperbares du groupe DEMINETEC, réalise ces travaux avec ses scaphandriers, en maintenant autant que possible l'exploitation de l'ouvrage.

L'intérêt est économique autant que technique : une mise à sec mobilise des moyens lourds, des délais longs et interrompt l'exploitation. La plupart des pathologies d'ouvrages immergés — affouillement, épaufrures, fissuration, corrosion des armatures, dégradation de joints — se traitent en place, à condition d'adapter les matériaux et les modes opératoires au milieu.

Ouvrages concernés

Les interventions portent sur l'ensemble du patrimoine maritime, portuaire et fluvial :

  • Ouvrages d'accostage : quais sur rideau de palplanches, quais-poids, quais sur pieux, appontements, ducs-d'Albe.
  • Ouvrages de protection : digues à talus, digues verticales, jetées, épis, carapaces en blocs artificiels.
  • Ouvrages hydrauliques : écluses, portes et radiers, barrages, seuils, prises d'eau et rejets industriels, émissaires en mer.
  • Ouvrages de franchissement : piles et culées de ponts en rivière, en estuaire ou en mer.
  • Fondations d'ouvrages maritimes et énergétiques : massifs, embases, protections de pied.

Toute intervention débute par un état des lieux, réalisé par nos équipes d'inspection sous-marine d'ouvrages immergés ou par ROV, et, pour les rideaux métalliques, par l'inspection de quai et de palplanches avec mesure d'épaisseur résiduelle.

Techniques mises en œuvre

Bétonnage immergé

Le béton coulé dans l'eau se délave : le ciment se sépare des granulats et la résistance chute. La mise en place se fait donc par tube plongeur ou par pompage, l'extrémité du tube restant en permanence noyée dans la masse fraîche, de sorte que le béton ne traverse jamais la colonne d'eau. Les formulations intègrent un agent anti-délavage et une classe d'exposition adaptée au milieu marin selon la norme NF EN 206 (XS2 pour les parties immergées en permanence, XS3 pour les zones de marnage et d'éclaboussures). Des éprouvettes sont confectionnées pendant le coulage pour le contrôle de résistance.

Coffrages et gaines

Les coffrages sont conçus pour être posés et étanchés par plongeur : coffrages métalliques ou bois lestés, coffrages perdus, gaines textiles de chemisage pour les pieux et les piles. Le chemisage d'un pieu dégradé par une gaine remplie de mortier ou de coulis restaure la section et protège contre la corrosion ultérieure.

Comblement d'affouillements et protections de pied

L'affouillement est la première cause de désordre grave des ouvrages en site hydraulique : il met à nu la fondation et peut conduire à la perte d'appui. Le traitement combine, selon l'extension et le courant, le béton immergé coffré, les sacs et matelas remplis de mortier, les enrochements calibrés et les géotextiles. Une protection anti-affouillement est ensuite posée pour éviter la récidive.

Ragréage, injection et traitement des fissures

Les épaufrures et éclats sont repris au mortier de réparation compatible avec l'immersion, après purge du béton dégradé et, si nécessaire, traitement des armatures. Les fissures et vides internes sont injectés par coulis ou résines adaptées au milieu humide. La réparation d'une fissure ne se justifie qu'une fois sa cause identifiée : tassement, surcharge, corrosion ou choc.

Forage, ancrages et scellements

Le forage sous l'eau permet la pose de goujons, de tiges d'ancrage, de connecteurs et de fixations d'équipements. Les scellements font appel à des résines ou mortiers spécifiquement formulés pour la mise en œuvre en milieu immergé. Les ancrages structurels peuvent faire l'objet d'essais d'arrachement.

Découpe, recépage et pose d'éléments préfabriqués

La découpe de pieux, de palplanches ou d'éléments de structure s'effectue par découpe oxy-arc, scie hydraulique ou câble diamanté selon le matériau. La pose de blocs, dalles, pièces préfabriquées ou équipements se fait en guidage par scaphandrier depuis un moyen de levage. Les assemblages métalliques relèvent de nos compétences en soudure sous-marine, conduite selon la norme AWS D3.6M.

Protection et pérennité des réparations

Une réparation sous l'eau n'est durable que si la cause de la dégradation est traitée. Pour les ouvrages métalliques, cela passe par la vérification et, si nécessaire, le renouvellement de la protection cathodique : contrôle de potentiel, remplacement d'anodes sacrificielles, pose de nouvelles anodes par soudage ou fixation mécanique. Pour les ouvrages en béton, l'enrobage des armatures et la compatibilité des matériaux de réparation avec le support conditionnent la tenue dans le temps.

Le dossier de récolement remis au gestionnaire — relevés, photographies et vidéos géolocalisées, résultats d'essais — permet d'intégrer la réparation dans le suivi patrimonial de l'ouvrage et de comparer les inspections successives.

Cadre réglementaire, sécurité et qualité

Les travaux sont réalisés par des scaphandriers titulaires du certificat d'aptitude à l'hyperbarie correspondant à la mention et à la classe de profondeur, conformément au décret n° 2011-45 relatif à la protection des travailleurs intervenant en milieu hyperbare et à ses arrêtés d'application. Chaque opération est conduite sous la responsabilité d'un chef d'opération hyperbare, selon le manuel de sécurité hyperbare de l'entreprise et une fiche de sécurité spécifique au chantier.

Les équipements de plongée et les procédures s'appuient sur les guides de l'industrie, notamment l'IMCA D014 (code de pratiques de la plongée offshore) et l'IMCA D023 (inspection des systèmes de plongée à partir de la surface). L'organisation de la qualité, de la santé-sécurité et de l'environnement suit les exigences des normes ISO 9001, ISO 45001 et ISO 14001. Le plan de prévention et la coordination avec l'exploitant portuaire, fluvial ou industriel — consignation des pompes et prises d'eau, restrictions de navigation, gestion des hélices — sont formalisés avant toute mise à l'eau.

Sur les sites marqués par les conflits du XXe siècle, une levée de doute pyrotechnique subaquatique peut précéder les travaux de fondation ou de dragage, en lien avec les équipes du groupe DEMINETEC en diagnostic pyrotechnique.

Une offre intégrée de travaux subaquatiques

Le génie civil immergé s'inscrit dans l'offre généraliste de SEMTEC : travaux subaquatiques et hyperbares, travaux hyperbares, réparation de navire à flot, conduites et câbles sous-marins et renflouement et relevage d'épave. SEMTEC intervient dans les ports de commerce, de pêche et de plaisance, en voies navigables et sur les sites industriels en France métropolitaine, en outre-mer et à l'international.

Questions fréquentes sur le génie civil immergé

Qu'appelle-t-on génie civil immergé ?

Le génie civil immergé regroupe les travaux de construction, de réparation et de confortement réalisés sous l'eau sur des ouvrages : quais, digues, écluses, piles de pont, ducs-d'Albe, prises d'eau, émissaires et fondations d'ouvrages maritimes ou fluviaux. Il mobilise des scaphandriers travaux publics et des techniques spécifiques de bétonnage, de coffrage, d'injection et d'ancrage adaptées au milieu immergé.

Peut-on couler du béton sous l'eau ?

Oui, à condition d'empêcher le délavage du ciment au contact de l'eau. Le béton est mis en place par tube plongeur ou par pompage, l'extrémité du tube restant noyée dans la masse fraîche pour que le béton ne traverse jamais la colonne d'eau. On emploie des formulations adaptées, généralement additionnées d'un agent anti-délavage, et une classe d'exposition conforme à la norme NF EN 206 pour le milieu marin.

Comment répare-t-on un affouillement au pied d'un ouvrage ?

Le traitement commence par la reconnaissance de l'affouillement : extension, profondeur, état de la fondation mise à nu. Selon le cas, le vide est comblé par béton immergé coffré, par sacs ou matelas remplis de mortier, par enrochements calibrés ou par une combinaison de ces solutions, puis une protection anti-affouillement est mise en place pour éviter la récidive.

Faut-il assécher l'ouvrage pour intervenir ?

Non, c'est précisément l'intérêt du génie civil immergé : il évite la construction d'un batardeau et la mise à sec, qui sont longues et coûteuses, et permet souvent de maintenir l'exploitation de l'ouvrage. La mise à sec reste justifiée pour certaines réparations structurelles lourdes ; le choix se fait au cas par cas après inspection.

Quelles qualifications sont exigées pour les scaphandriers ?

Les travailleurs intervenant en milieu hyperbare doivent détenir un certificat d'aptitude à l'hyperbarie correspondant à la mention et à la classe de profondeur des travaux, conformément au décret n° 2011-45 et à ses arrêtés d'application. L'entreprise établit les procédures, le manuel de sécurité hyperbare et désigne un chef d'opération hyperbare pour chaque intervention.

Comment le résultat d'une réparation sous l'eau est-il contrôlé ?

Le contrôle associe l'inspection visuelle et vidéo par plongeur ou ROV, les relevés dimensionnels, les éprouvettes de béton confectionnées pendant le coulage et, selon les cas, des mesures d'épaisseur ou des essais d'arrachement d'ancrages. Le dossier de récolement documente la réparation réalisée pour le gestionnaire de l'ouvrage.