Les fonds marins et fluviaux français portent un lourd héritage pyrotechnique : bombes d’aviation, mines navales magnétiques et acoustiques, obus, torpilles, charges sous-marines hérités des deux guerres mondiales. Sur la façade Atlantique-Manche (Le Havre, Cherbourg, Brest, Saint-Nazaire) et en Méditerranée (Toulon, Marseille, Nice), des milliers d’engins explosifs sont régulièrement découverts.
SEMTEC met en œuvre toute la chaîne UXO sous-marine : étude historique pyrotechnique (EHT) marine, diagnostic magnétométrique, identification visuelle par plongeur ou ROV, neutralisation ou évacuation. Nos opérateurs sont qualifiés OTAN STANAG 2143 (IMEC, CMD 1&2) et IMAS.
Étude historique marine
Analyse documentaire : archives militaires, journaux de bord, rapports de bombardements, cartes de mouillage.
Diagnostic magnétométrique
Magnétomètres remorqués, gradiomètres, traitement IA des cibles, restitution SIG géoréférencée.
Identification et neutralisation
Plongeur EOD ou ROV équipé ; neutralisation in situ ou évacuation contrôlée selon le type d’engin.
Conformité STANAG / IMAS
Procédures alignées sur les standards OTAN STANAG 2143 et International Mine Action Standards.
À lire aussi : inspection de quai et de rideau de palplanches — relevé visuel, mesures d'épaisseur résiduelle, protection cathodique et recherche d'affouillements.
À lire aussi : conduites et câbles sous-marins — pose, ensouillage, protection, inspection et réparation de conduites immergées et de câbles sous-marins.
Gestion du risque UXO sous-marin, de l'étude à la libération de la zone
La dépollution pyrotechnique sous-marine consiste à identifier, localiser et traiter les munitions non explosées (UXO) présentes sur l'emprise d'un projet maritime, portuaire, fluvial ou offshore, avant et pendant les travaux. SEMTEC conduit cette chaîne avec ses scaphandriers et ses pilotes de ROV, en s'appuyant sur le bureau d'études pyrotechniques du groupe DEMINETEC.
1. Étude du risque pyrotechnique marin
L'étude historique recense les champs de mines, bombardements, naufrages, zones de dépôt et d'immersion de munitions et découvertes antérieures. Elle aboutit à une évaluation du risque par zone et par phase de travaux : dragage, battage, forage, ensouillage, ancrage, pose d'ouvrages.
2. Levés géophysiques
Le levé est dimensionné sur la plus petite munition à détecter et sur la profondeur d'enfouissement attendue : magnétomètre ou gradiomètre remorqué ou embarqué sur ROV, sonar à balayage latéral, sondeur multifaisceau et sondeur de sédiments. Les données sont traitées pour produire une liste de cibles géoréférencées et hiérarchisées.
3. Investigation et identification des cibles
Les cibles retenues sont revisitées par ROV ou par plongeur : dégagement, observation, mesures, identification. Chaque cible est classée : débris, objet non pyrotechnique, munition identifiée ou suspecte.
4. Traitement
Selon le résultat et le projet : évitement par micro-déplacement de l'ouvrage, déplacement de l'objet lorsqu'il est autorisé et sûr, ou signalement aux autorités maritimes pour neutralisation. Le traitement est conduit en coordination avec la préfecture maritime et la Marine nationale.
5. Libération de la zone et accompagnement des travaux
Un rapport de fin d'opération documente les zones traitées et le risque résiduel, base de la poursuite des travaux. Un accompagnement pyrotechnique peut être maintenu pendant le dragage ou l'ensouillage.
UXO, MNE, REG : les munitions immergées et leur terminologie
UXO (unexploded ordnance) et MNE (munition non explosée) désignent la même réalité, en anglais et en français : une munition tirée, larguée, lancée ou posée qui n'a pas fonctionné. Les REG (restes explosifs de guerre, en anglais ERW — explosive remnants of war) regroupent, au sens du Protocole V de 2003 à la Convention sur certaines armes classiques, les munitions non explosées et les munitions explosives abandonnées (AXO). En milieu marin, cette dernière catégorie est importante : une part des munitions présentes sur les fonds provient d'immersions volontaires d'après-guerre, dans des zones de déversement en mer, et non de combats.
Sur un chantier portuaire, fluvial ou offshore, SEMTEC traite indifféremment les MNE (bombes d'aviation larguées sur les bassins et les ponts, obus, torpilles), les munitions immergées abandonnées ou déversées et les mines marines, avec la même chaîne : étude historique, levé magnétométrique et acoustique, identification par plongeur ou ROV, puis traitement en coordination avec la préfecture maritime. Les rapports sont rédigés en français ou en anglais selon le donneur d'ordre, avec la terminologie UXO / ERW attendue par les développeurs offshore et les normes internationales. Voir aussi les définitions du lexique des travaux sous-marins et la page de DEMINETEC sur les munitions non explosées.
Munitions rencontrées en milieu marin et fluvial
Les fonds portuaires et côtiers conservent des mines marines à orin, de fond, magnétiques ou acoustiques, des bombes d'aviation larguées sur les ports et les ponts, des obus, des torpilles, des grenades anti-sous-marines et des munitions de petit calibre, auxquels s'ajoutent les munitions jetées ou immergées après les conflits. Leur état est très variable : corrosion, concrétion, enfouissement sous plusieurs mètres de sédiments, mais les chargements explosifs peuvent rester actifs. L'identification sous l'eau, souvent en visibilité réduite, exige des opérateurs formés à la reconnaissance des munitions et des procédures strictes de non-manipulation tant que l'objet n'est pas qualifié.
Moyens mis en œuvre
Les moyens sont dimensionnés pour chaque chantier : navire ou ponton support, équipe de scaphandriers avec contrôle de plongée et caisson hyperbare sur site lorsque le profil de plongée l'exige, ROV d'observation ou de travail, capteurs magnétométriques et acoustiques, positionnement acoustique sous-marin et outils de dégagement par suceuse ou lance hydraulique. Les plongées sont conduites dans le cadre réglementaire des travaux hyperbares (articles R. 4461-1 et suivants du Code du travail).
Projets concernés
Ports et chenaux : dragages d'approfondissement, extensions de quais, nouveaux postes à quai, réparation de quais et génie civil immergé. Énergies marines : fondations d'éoliennes en mer, câbles d'export et inter-éoliennes. Réseaux : canalisations, pipelines et câbles sous-marins, émissaires et prises d'eau. Eaux intérieures : ponts, écluses, barrages et retenues.
Pourquoi SEMTEC
SEMTEC réunit dans une même équipe les compétences de travaux sous-marins et l'expertise pyrotechnique du groupe DEMINETEC. Le même opérateur peut ainsi lever le risque UXO puis réaliser les travaux sous-marins eux-mêmes : inspection, soudure, travaux hyperbares, opérations ROV. À terre, le relais est assuré par DEMINETEC, entreprise de dépollution pyrotechnique.
Questions fréquentes sur la dépollution UXO sous-marine
Quelle différence entre UXO, MNE et REG sous l'eau ?
UXO et MNE désignent une munition non explosée, en anglais et en français. Les REG (restes explosifs de guerre, ERW) englobent les munitions non explosées et les munitions explosives abandonnées, dont les munitions immergées volontairement après les conflits. Sous l'eau, SEMTEC traite ces catégories ainsi que les mines marines avec la même méthode.
Qui intervient sur une munition découverte en mer ?
En France, la neutralisation des engins explosifs découverts en mer relève de la Marine nationale et de ses groupes de plongeurs démineurs, sous l'autorité du préfet maritime. Les opérateurs privés interviennent en amont et autour des projets : étude du risque, levés géophysiques, investigation et identification des cibles, déplacement ou évitement lorsque cela est autorisé, et accompagnement pyrotechnique des travaux.
Pourquoi un risque UXO sur un projet portuaire ou offshore ?
Les ports, chenaux, rades et routes maritimes ont été minés, bombardés ou utilisés comme zones de dépôt et d'immersion de munitions au cours des deux guerres mondiales. Un dragage, un battage de pieux, un ensouillage de câble ou un ancrage peuvent heurter un engin, avec un risque pour le personnel, les navires et les ouvrages.
Comment détecte-t-on des munitions immergées ?
Par des levés géophysiques adaptés à la profondeur et au type de fond : magnétomètres et gradiomètres remorqués ou montés sur ROV pour les objets ferromagnétiques, sonar à balayage latéral et sondeur multifaisceau pour les objets posés, sondeur de sédiments pour l'enfouissement. Les cibles retenues sont ensuite investiguées par ROV ou par plongeur.
Qu'est-ce que l'approche ALARP ?
ALARP (as low as reasonably practicable) consiste à réduire le risque UXO à un niveau aussi bas que raisonnablement possible, en proportionnant les mesures au risque réel de chaque phase du projet. C'est l'approche décrite par le guide CIRIA C754 consacré à la gestion du risque UXO en milieu marin.
SEMTEC intervient-elle aussi en eaux intérieures ?
Oui. Les fleuves, canaux, lacs, retenues de barrage et bassins portuaires intérieurs présentent les mêmes enjeux, en particulier aux abords des ponts, écluses et sites industriels bombardés. Les méthodes sont adaptées à la visibilité, au courant et à l'épaisseur de sédiments.
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