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Renflouement d'épave et enlèvement de navire coulé

Renflouer, déséchouer ou enlever par éléments : trois réponses distinctes

Une coque immergée ne se traite pas de manière unique. Trois situations techniques doivent être distinguées dès l'expertise initiale, car elles n'appellent ni les mêmes moyens, ni le même calendrier, ni le même niveau de risque.

Le déséchouement concerne un navire posé sur un haut-fond, un banc ou un ouvrage, dont la coque reste globalement étanche. L'opération vise à alléger le navire et à le remettre à flot en exploitant la marée, par traction, ballastage différentiel ou dragage du berceau. Le renflouement proprement dit s'applique à une coque envahie et posée sur le fond : il faut restaurer la flottabilité avant tout mouvement. L'enlèvement par éléments devient la seule voie lorsque la structure est trop dégradée pour supporter les efforts d'un relevage d'ensemble : l'épave est alors découpée sous l'eau et évacuée par tronçons.

SEMTEC, filiale travaux subaquatiques et hyperbares du groupe DEMINETEC, conduit ces opérations en milieu portuaire, littoral, fluvial et outre-mer, depuis l'expertise initiale jusqu'à la remise en état du fond.

Expertise préalable et étude de relevage

Aucune opération ne s'engage sans une caractérisation complète de l'épave et de son environnement. L'expertise sur site établit la position, l'assiette et la gîte exactes de la coque, son enfoncement dans le sédiment, l'état de la structure et l'étendue des brèches, la nature du fond et la présence d'ouvrages à proximité immédiate. Cette reconnaissance mobilise nos moyens d'inspection sous-marine : levé sonar et bathymétrique, examen visuel par plongeur ou ROV, photogrammétrie et relevés dimensionnels.

L'étude de relevage qui en découle détermine la masse à relever en tenant compte de l'eau embarquée, du sédiment piégé à l'intérieur de la coque et de l'adhérence du fond, cette dernière étant fréquemment sous-estimée et pouvant représenter un effort considérable lors du décollement initial. Elle définit la répartition des points d'effort, la séquence de mise en flottabilité, les vérifications de stabilité aux différentes phases et les seuils d'arrêt en cas de dérive des paramètres.

L'étude intègre également l'inventaire de ce que contient l'épave : hydrocarbures résiduels, substances dangereuses, cargaison, et le cas échéant risque pyrotechnique. Sur les épaves de guerre ou les bâtiments ayant transporté des munitions, cette question conditionne l'ensemble du chantier et relève de notre chaîne de dépollution pyrotechnique subaquatique.

Techniques de relevage

Obturation et épuisement

Lorsque la coque est structurellement saine, la voie la plus directe consiste à restaurer son étanchéité puis à évacuer l'eau. Les plongeurs obturent les brèches, les ouvertures de coque, les prises d'eau et les panneaux au moyen de tampons, de plaques boulonnées ou soudées et de matériaux d'obturation adaptés. L'épuisement est ensuite conduit par pompage ou par insufflation d'air comprimé dans des volumes rendus étanches, avec un contrôle permanent de l'assiette pour éviter tout redressement brutal ou toute perte de stabilité en fin de phase.

Ballons de relevage

Les ballons de relevage apportent une poussée d'Archimède maîtrisée et réversible, particulièrement adaptée aux coques dont l'étanchéité ne peut être restaurée. Leur dimensionnement, leur positionnement et leur amarrage font l'objet d'un calcul précis, car la poussée d'un ballon augmente à mesure qu'il remonte et que la pression ambiante diminue : une remontée non contrôlée peut devenir incontrôlable. Les procédures prévoient donc l'emploi de soupapes de régulation, l'échelonnement des mises en pression et le maintien de l'équipe hors de la zone de remontée.

Levage par moyens flottants et grutage

Le relevage par câbles ou élingues passés sous la coque, depuis un ponton, une barge ou une grue de forte capacité, s'emploie sur les unités de tonnage important ou lorsque la configuration du site autorise l'accès d'un moyen flottant. Le passage des câbles sous la coque, souvent réalisé par havage dans le sédiment, constitue l'une des phases les plus délicates. Le levage est conduit par paliers, avec contrôle des efforts, des déformations de structure et de l'assiette à chaque étape.

Découpe et relevage par éléments

Sur une épave dont la structure ne supporterait pas un relevage d'ensemble, la découpe sous-marine devient la solution. Elle mobilise les techniques de coupe thermique et mécanique mises en œuvre par nos équipes dans le cadre des travaux hyperbares, et impose une séquence de découpe étudiée pour que chaque tronçon reste stable et manutentionnable jusqu'à son évacuation.

Maîtrise du risque de pollution

Le traitement du risque de pollution précède le relevage. Les opérations commencent par le pompage des hydrocarbures résiduels contenus dans les soutes, les caisses et les circuits, et par le retrait des substances dangereuses identifiées lors de l'expertise, sous confinement par barrages flottants et avec les moyens de récupération tenus en attente.

Pendant les phases de mouvement, la conduite du chantier vise à éviter toute rupture de capacité et tout brassage inutile du sédiment, ce dernier pouvant être contaminé de longue date. Après enlèvement, le fond fait l'objet d'un contrôle destiné à vérifier l'absence de débris résiduels et à documenter l'état du site, notamment lorsqu'il conditionne la reprise de la navigation ou l'exploitation d'un poste à quai.

Cadre juridique de l'enlèvement des épaves

La convention internationale de Nairobi de 2007 sur l'enlèvement des épaves, entrée en vigueur le 14 avril 2015, constitue le cadre international de référence. Elle impose au propriétaire inscrit la localisation, le balisage et l'enlèvement de l'épave lorsqu'elle présente un danger, et instaure une obligation d'assurance ou de garantie financière assortie d'un droit d'action directe contre l'assureur.

En droit interne, le régime des épaves maritimes relève du code des transports, qui organise la mise en demeure du propriétaire par l'autorité administrative et, en cas de carence ou d'urgence, l'intervention d'office aux frais du propriétaire. En voie navigable intérieure, le gestionnaire du domaine dispose de prérogatives comparables. Ce cadre implique pour l'opérateur une exigence documentaire forte : traçabilité des opérations, constats contradictoires et rapports circonstanciés susceptibles d'être produits dans un contexte contentieux ou assurantiel.

Sécurité des personnels et référentiels d'intervention

Les opérations de relevage figurent parmi les plus exigeantes des travaux subaquatiques : charges instables, structures dégradées et coupantes, visibilité souvent nulle, espaces confinés à l'intérieur de la coque, risques d'écrasement et d'entraînement. Les interventions sont conduites conformément au décret n° 2011-45 du 11 janvier 2011 relatif à la protection des travailleurs intervenant en milieu hyperbare et à l'arrêté du 30 octobre 2012 applicable aux travaux relevant de la mention B, avec des personnels titulaires du certificat d'aptitude à l'hyperbarie correspondant à la classe de profondeur.

Pour les opérations conduites en environnement offshore ou sous référentiel international, les guides de l'IMCA, notamment l'IMCA D 014 pour les pratiques de plongée et l'IMCA D 023 pour l'inspection des systèmes de plongée, structurent les pratiques. L'organisation du chantier s'appuie sur un système de management couvrant la qualité, la santé et la sécurité au travail et l'environnement selon les principes des normes ISO 9001, ISO 45001 et ISO 14001. La pénétration dans une épave fait l'objet de procédures spécifiques, avec ligne de vie, communication permanente et plongeur de secours dédié.

Questions fréquentes sur le renflouement d'épave

Qu'est-ce qu'un renflouement d'épave ?

Le renflouement consiste à redonner à une coque coulée ou envahie une flottabilité suffisante pour la ramener en surface, puis à la remorquer vers un lieu de traitement. Il se distingue du déséchouement, qui vise un navire posé sur un haut-fond mais non envahi, et de l'enlèvement par découpe, qui consiste à fractionner une épave irrécupérable pour l'évacuer par éléments. Le choix entre ces voies dépend de l'état de la coque, de la profondeur, de la nature du fond et des enjeux de navigation et d'environnement.

Qui est responsable de l'enlèvement d'une épave ?

La convention internationale de Nairobi de 2007 sur l'enlèvement des épaves, entrée en vigueur le 14 avril 2015, place la responsabilité de la localisation, du balisage et de l'enlèvement de l'épave sur le propriétaire inscrit du navire, assortie d'une obligation d'assurance et d'un mécanisme d'action directe contre l'assureur. En droit français, le code des transports encadre le régime des épaves maritimes et permet à l'autorité administrative de mettre le propriétaire en demeure d'intervenir, puis de faire procéder d'office aux opérations à ses frais en cas de carence.

Quelles techniques sont employées pour relever une épave ?

Plusieurs techniques se combinent selon le cas : l'obturation des ouvertures suivie de l'épuisement de l'eau par pompage ou par insufflation d'air, l'emploi de ballons de relevage calibrés placés sous ou dans la coque, l'élingage et le levage par grue ou par moyen flottant de forte capacité, le relevage par câbles passés sous la coque depuis des pontons, et le redressement progressif d'une coque couchée. Sur les épaves dont la structure est trop dégradée, la découpe sous-marine et le relevage par éléments deviennent la seule voie praticable.

Combien de temps prend une opération de renflouement ?

La durée dépend de la masse à relever, de la profondeur, de l'état structurel de la coque, de la fenêtre météorologique et des contraintes d'exploitation du site. Une petite unité posée par faible profondeur en eau abritée relève d'une opération courte, tandis qu'une épave de fort tonnage envasée, dégradée ou chargée de matières polluantes impose une phase d'études, des travaux préparatoires importants et une conduite par étapes. Le calendrier réaliste ne peut être établi qu'après expertise sur site.

Comment est géré le risque de pollution pendant l'opération ?

Le risque de pollution est traité en priorité, avant même le relevage. Les opérations commencent généralement par le pompage des hydrocarbures résiduels et le retrait des substances dangereuses présentes à bord, sous confinement par barrages flottants. Les mouvements de la coque sont ensuite conduits de manière à éviter toute rupture de capacité, et le site fait l'objet d'une surveillance pendant toute la durée du chantier ainsi que d'un contrôle de l'état du fond après enlèvement.

Une épave peut-elle présenter un risque pyrotechnique ?

Oui, notamment pour les épaves de guerre ou les bâtiments ayant transporté des munitions. La présence de munitions immergées impose l'arrêt des opérations de relevage et le recours à des moyens spécialisés de dépollution pyrotechnique subaquatique. SEMTEC traite ce cas dans le cadre du groupe DEMINETEC, qui dispose de la compétence en gestion du risque lié aux munitions non explosées.

SEMTEC intervient-elle sur les épaves en milieu portuaire et fluvial ?

Oui. Les opérations d'enlèvement d'unités coulées en bassin portuaire, en darse, le long des quais ou en voie navigable constituent une part importante de l'activité. Ces chantiers se caractérisent par des contraintes spécifiques : espace de manœuvre réduit, proximité immédiate d'ouvrages à préserver, visibilité souvent nulle, maintien de l'exploitation du site et coordination étroite avec l'autorité portuaire ou le gestionnaire de la voie d'eau.

Une épave à expertiser, relever ou enlever ? SEMTEC intervient sur l'ensemble du littoral français, en fluvial, en outre-mer et à l'international. Consultez nos travaux subaquatiques et hyperbares, nos qualifications ou contactez notre bureau d'études.